Gianni Bertini. Histoire d’un homme sans histoireSous la direction de Thierry Bertini et Roberto Lacarbonara - Fondazione Biscozzi | Rimbaud Passer au contenu principal

Fondazione Biscozzi | Rimbaud

Opera di Bertini, 1949. Luna park, olio, tempera, collage e chiodi su cartone.

16 mai - 13 septembre, 2026

Gianni Bertini. Histoire d’un homme sans histoire
Sous la direction de Thierry Bertini et Roberto Lacarbonara

FICHE D’INFORMATION

Exposition : Gianni Bertini. Histoire d’un homme sans histoire

Commissaires d’exposition : Thierry Bertini, Roberto Lacarbonara

Catalogue : Dario Cimorelli Editore, Milan

Siège : Fondazione Biscozzi | Rimbaud ETS, piazzetta Baglivi 4, Lecce

Ouverture au public : 16 mai – 13 septembre 2026

Horaires : du mardi au dimanche, de 17h00 à 21h00. Fermé le lundi. 

Entrée exposition temporaire : €5,00.

Collection permanente + exposition : € 8,00. Réduit : € 5,00 (pour les groupes de plus de quinze personnes résidents de Lecce et de sa province, les enfants de moins de dix-huit ans, les groupes scolaires primaires et secondaires, les étudiants des universités, des académies d’art et des conservatoires avec livret, les enseignants, les membres de l’ICOM). 

Entrée libre pour les enfants jusqu’à six ans, les handicapés (et un accompagnateur), un accompagnateur pour chaque groupe, les guides touristiques et les journalistes avec livret.

La Fondation Biscozzi | Rimbaud, en collaboration avec l’Association Gianni Bertini (Milan) et l’Archive Frittelli pour l’Œuvre de Gianni Bertini (Florence), présente du 16 mai au 13 septembre 2026 l’exposition Gianni Bertini. Histoire d’un homme sans histoire, sous la direction de Thierry Bertini et Roberto Lacarbonara, dédiée à l’un des artistes les plus originaux et influents qui, travaillant entre l’Italie et la France, a été pionnier et interprète de la transformation culturelle européenne après la seconde Guerre Mondiale.

L’exposition dédiée à Gianni Bertini (Pise 1922 – Caen 2010) s’articule autour du projet d’exposition que la Fondation Biscozzi | Rimbaud développe à partir du dialogue avec les artistes de la collection permanente, afin de comprendre et mieux enquêter les contextes, les langages et les phénomènes de la recherche artistique du XXe siècle. 

Le titre de l’exposition, Histoire d’un homme sans histoire, – basé sur le roman inédit du même nom que l’artiste a écrit en 1953 et a récité à l’occasion d’un happening au Campo San Fantin à Venise dans la nuit du 11 août – constitue un véritable manifeste de pensée, capable d’alimenter la vision globale et la complexité de l’œuvre de Gianni Bertini. Une œuvre qui, en raison d’un désalignement constant par rapport au conformisme, à l’académisme et aux certitudes établis, l’a toujours vu aux prises avec des revirements, des évolutions expressives et linguistiques, qu’une certaine hérésie obstinée, fruit d’un expérimentalisme technique constant et d’une errance invaincue.

« Il avait un besoin vital d’une comparaison avec d’autres artistes et critiques – souligne Thierry Bertini, fils de l’artiste – comparaison qui se transformait souvent en confrontation. Il n’avait pas peur de se faire des ennemis intellectuels : pour lui le débat, même animé, était une nécessité quotidienne. La confrontation des idées était le terreau fertile d’où faire émerger son propre point de vue ».

L’exposition, – composées de plus de 40 œuvres et d’une sélection de livres, dont le roman inédit qui donne son titre à l’exposition – se focalise sur une période spécifique de la production de Bertini, parmi les plus originales et captivantes, allant de 1948 aux années soixante-dix, explorant trois noyaux principaux de sa recherche : à partir des Gridi (Cris)  des années Quarante, à la vaste production informelle des années Cinquante, jusqu’à l’élaboration de la Mec-Art.

C’est une époque où l’artiste démontre une grande capacité à renouer avec la force révolutionnaire des avant-gardes du début du XXe siècle – du Futurisme au Dadaïsme – tout en anticipant une culture visuelle de plus en plus dominée par la communication de masse, la production en série et les logiques de la production capitaliste.

I GRIDI (CRIS) : En 1949, lors de l’exposition internationale Arte d’Oggi à la Galerie La Strozzina de Florence, Bertini présente le cycle Gridi (Cris), des tableaux réalisés à partir de lettres et de chiffres imprimés. Ces œuvres, ne pouvant être rattachées à un mouvement précis, construisent des compositions basées sur des éléments alphanumériques, des points cardinaux, des symboles de signalisation et des formes géométriques, anticipant les thèmes qui émergeront dix ans plus tard dans le New Dada et le Pop Art.

LA PÉRIODE INFORMELLE : À partir de 1951, grâce également aux contacts avec le critique Gillo Dorfles et les artistes du M.A.C. (Mouvement d’Art Concrète), la recherche de Bertini se dirige vers l’art informel. Les œuvres montrent une plus grande liberté d’expression et explorent les tensions profondes de la réalité à travers le trait-geste, le « dripping » et la matière. En octobre de la même année, il s’installe à Paris, où il fait la connaissance du critique Pierre Restany.

Les premières expositions parisiennes marquent une évolution évidente et introduisent le « tournant mécanique » de son œuvre : Bertini adopte des éléments issus de l’imaginaire électrique et mécanique, des symboles de la dimension artificielle et technologique de la civilisation contemporaine.

MEC-ART: À partir de 1965, Bertini expérimente, en outre, de nouvelles techniques issues de la reproduction mécanique et en série : les images photographiques sont reportées sur une toile enduite ou sur du métal, puis retravaillées sur le plan pictural. Cette pratique révèle la volonté de s’opposer au mythe du tableau en tant qu’objet unique, fétiche exclusif. C’est dans cette optique qu’il adhère, en 1965, au Manifeste du Mec-Art [Mechanical Art] lancé par Pierre Restany.

« L’adoption du terme ‘Mec’ – écrit Roberto Lacarbonara – adopté sur l’intuitions de Restany et de l’exposition Hommage à Nicéphore Niépce qu’il a organisée au printemps de 1965 à la Galerie J à Paris, renvoie pour Bertini autant à la proposition d’une « peinture mécanique » capable de privilégier le procès analogique de reproduction, d’acquisition, de transposition et de recomposition de l’image, qu’à deux autres aspects décisifs d’un imaginaire mûri depuis longtemps : tout d’abord ce répertoire gestuel et symbolique lié au dynamisme de la mécanique et de ses articulations spatiales ; et ensuite un système visuel qui intègre les signes de la publicité, de la communication et de la société de masse ».

Voitures de Formule 1, culturistes en pleine action, objets et vêtements à la mode, symboles de la guerre, de la géopolitique et de l’actualité, deviennent pour l’artiste un moyen de s’approprier de la réalité, en réinterprétant la culture visuelle de notre époque. L’esthétique Mec se révèle immédiatement d’une grande actualité et représente, à tous égards, la possibilité de constituer une alternative européenne au Pop Art. Pour Bertini, c’est une manière de revenir à la figuration en conservant l’expressivité et l’authenticité de ses premières œuvres.

L’exposition est accompagnée d’un catalogue trilingue (italien, français et anglais), publié par Dario Cimorelli Editore, contenant des essais des commissaires, Thierry Bertini et Roberto Lacarbonara, ainsi que les reproductions en couleur de toutes les œuvres exposées.